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Loin des célébrités, aux
antipodes des stéréotypes, plus vraies que les enveloppes allégoriques, il y
a les « vraies » femmes : femmes ordinaires, sœur, voisine ou collègue, la
moitié de la planète. Des anonymes qui dans l’ombre du quotidien bâtissent
leurs sociétés, participent en silence à l’histoire et au développement de
leur pays. L’hommage que les timbres rendent ainsi aux femmes ordinaires
n’est pas neutre, il entre en résonance avec une certaine forme de
promotion. Cela est particulièrement évident dans l’univers philatélique des
pays du sud : figuration des laborieuses, discours de « promotion de la
femme » et question du développement sont étroitement liées. Dans les pays
du nord, les effigies de femmes dans leur quotidien sont plus rares : la
stratégie de promotion des femmes est différente, privilégie semble-t-il la
tactique de « l’exemplarité » et préfère
à la représentation réaliste d’activités ordinaires, et de femmes anonymes,
la célébration de figures singulières, exceptionnelles et
peut-être…exemplaires. A l’exception du sport cependant : ici comme partout
dans le monde, la représentation des sportives répond souvent aux mêmes
démarches de promotion féminine. |
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Un parcours à prendre par 4
chemins :
les
laborieuses
les anonymes dans l'histoire
les
sportives
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Pour voir la sélection de
timbres associée à chaque sous-thème cliquez sur l'icône :
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Les
autres thèmes :
La cause des femmes
Les allégoriques
Les stéréotypes
Femmes célèbres
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Les
laborieuses : femmes et développement |
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Les
anonymes dans l'histoire |
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Femmes au travail
La
représentation des femmes dans leur anonyme quotidien est peu prisée en
occident, à l’exception notable des ex-pays de l’Est qui ont consacré de
nombreux timbres aux femmes laborieuses, ouvrières et paysannes. Leurs
portraits sont conçus dans un évident souci d’exaltation idéologique : il
s’agit pour les gouvernements communistes de promouvoir les réformes
industrielle et agraire qu’ils ont engagées. Mais parallèlement aussi de
saluer la participation massive des femmes à l’effort de construction du
nouveau régime et à la réussite, vantée, des révolutions. Elles sont
représentées comme de véritables actrices dans leurs sociétés. Dans les
autres pays développés, la thématique du travail, masculin comme féminin
est moins productive. On s’attache davantage à la célébration de
personnalités ou d’événements.
Aux
antipodes de ce vide relatif, les pays du Sud et tout particulièrement de
nombreux pays d’Afrique qui ont eux émis beaucoup de timbres sur le sujet.
Quand elle ne sert pas l’inventaire des coiffures ou des costumes locaux,
la figuration de femmes africaines est en effet assez souvent liée à
l’illustration de leur labeur quotidien. La plupart sont des paysannes ou
des cueilleuses travaillant
dur
dans les champs, vendant leurs récoltes sur des marchés. Quelques-unes
sont artisanes, ici fabriquent des poteries, là tissent des tapis. Les
images de travailleuses se raréfient cependant à mesure que l’on approche
du monde citadin. Ce type d’effigies est somme toute assez réaliste et
conforme au sort de la majorité des femmes ressortissantes des pays dits
« en voie de développement ». Toutefois quelques timbres dénotent, en
choisissant d’illustrer des métiers encore peu féminisés : femmes
policiers en Somalie ou à Turks et Caïques, militaires au Cap Vert ou en
Egypte.
Outre l’Afrique et
quelquefois l’Amérique Latine, la Chine fournit également des timbres sur
ce thème des femmes au travail, variés et nombreux.
Globalement et malgré
quelques embardées singulières
ici
ou là, la majorité des catégories socio-professionnelles illustrées sont
sensiblement les mêmes d’un pays à l’autre : paysannes, artisanes et
ouvrières se partagent la majorité des émissions sur ce registre. Les
infirmières, plébiscitées dans le monde entier constituent un cas à part,
qui a maille à partir avec le fantasme et le stéréotype
(voir
stéréotypes féminins).
En résumé, rares encore sont les images de femmes médecins, magistrates,
cadres, enseignantes, ou conductrices de bus. |
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En silence, les femmes participent depuis leur
quotidien le plus ordinaire au développement social, économique et
culturel de leur pays. Les timbres eux contribuent à érailler de-ci de-là
ce silence assourdissant ; le même qui recouvre le rôle des femmes dans
l’Histoire-majuscule.
Comme ailleurs, le discours philatélique se
contente le plus souvent de célébrer quelques noms, plus ou moins connus.
(cf.
Femmes célèbres). Certes l’impact
peut ne pas être anodin : l’émission d’un timbre sur Fadhma n’Soumeur en
Algérie est un exemple parmi d’autre, à ce titre remarquable. Mais bien
plus rares sont les timbres célébrant l’action des anonymes dans
l’Histoire de leur pays. Et à moins de penser que l’Histoire ne se fait
qu’avec des héros et des noms, cette rareté là apparaît bien dommageable.
Une vaste forêt des ombres que cachent
timidement quelques timbres, malgré tout. La plupart d’entre eux qui ont
choisi de célébrer des anonymes faiseuses d’Histoire sont issus des pays
communistes et liés à la commémoration de la Révolution : la participation
des femmes y est clairement illustrée, souvent avec insistance. Toutefois
cette description d’une réalité historique flirte souvent avec la
représentation allégorique : dans ces mêmes pays, la Révolution est en
effet massivement figurée sous des traits féminins
(voir Les
Allégoriques, Femme-révolution).
C’est également le cas de nombreux autres pays commémorant leur
indépendance.
 La
France n’a pas produit de timbre sur un tel : d’autres pays l’ont fait
pour elle. Ainsi Jersey sur les Sans-Culottes au féminin pendant la
Révolution Française ou l’Albanie sur les insurgées de la Commune de
Paris…Comme à peu près partout, les femmes dans l’Histoire sont d’abord
des visages et des noms que l’on égrène parfois en séries (Révolution
Française ou Figures de la Résistance en France, « femmes de l’Histoire
allemande » en Allemagne, etc) : selon ce principe chers aux occidentaux
qui accorde priorité aux personnalités et qui construit son discours de
promotion féminine par l’exemplarité.
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Les factrices |
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Les
sportives |
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Une
petite bifurcation spéciale univers philatélique pour saluer tout
spécialement parmi les travailleuses : les factrices. La philatélie
pratique avec assiduité l'auto-référence et de nombreux timbres prennent
pour sujet...l'organisation mondiale des postes (UPU,
voir Les
Allégoriques)
, les timbres eux-mêmes (le
"timbres sur timbres" est un thème classique de collections) la philatélie, la poste, et parfois nos précieux amis au
noble métier que sont les facteurs et...les factrices
Labeur et loisirs |
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Pour
la philatélie, le sport est une thématique particulièrement productive et
avec la flore et la faune l’une des mieux partagées dans le monde. Les
enjeux de ce type d’émissions sont cependant différents. Nous distinguons
donc trois genres de timbres mêlant femmes et sport :
- L’écrasante majorité
sont des timbres visant la célébration de la pratique sportive, d’une
discipline ou d’un événement type J.O. : la représentation des sportifs y
est anonyme et indifférente à leur sexe. Ces timbres ne produisent aucun
discours particulier sur le féminin. |
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Outre
le travail salarié ou rémunérateur, les timbres s’attachent également à
représenter le quotidien des femmes à travers leurs activités domestiques.
Ici encore, le clivage Nord-Sud est flagrant.
En
Afrique, en Asie et dans certaines îles océaniennes plusieurs émissions
traitent de la préparation du repas (Guinée, Sénégal, Togo, Laos, etc), de
la corvée de bois (Congo, Guinée, Niger) ou
d’eau,
de la fabrication d’objets domestiques auxquelles s’ajoute bien entendu
l’éducation des enfants. Un quotidien de labeur qui laisse bien peu de
place aux loisirs, contrairement à ce qui s’affiche sur quelques timbres
des pays
du Nord : lecture en Espagne, théâtre amateur en Australie, plage au
Danemark, poterie en Grande-Bretagne et pratiques sportives un peu
partout. Dans ce registre, le Japon se distingue tout particulièrement :
il a consacré des dizaines de timbres à des effigies de femmes,
représentées le plus souvent dans leurs traditionnelles activités
d’intérieur.
 Si
les ressortissantes roumaines ou est-allemandes triment tout sourire dans
les champs ou les usines, si les africaines courbent l’échine sous les
fagots de bois, les Nippones apparaissent au contraire, dégagées de toute
contrainte matérielle, quasi-irréelles et hors du temps.
Confinées dans leur
foyer, on les voit alanguies et oisives, se toilettant ou jouant, comme
figées dans une infinie variation de portraits et de gestuelles diaphanes,
intimes et presque énigmatiques. |
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- D’autres ont pour objet la
promotion du sport féminin : ils illustrent telle ou telle discipline
sportive côté féminin, souvent à l’occasion d’un rencontre sportive. Un
coup de projecteur qui joue donc sur l’exemplarité du sujet. Le timbre est
à la fois un hommage et un encouragement à la pratique du sport par les
femmes. On peut citer par exemple une série consacrée par la Corée au
football féminin ou les timbres du Brésil pour le basket et de France pour
le hand-ball.
- Certains timbres enfin
rendent hommage à une athlète : ces émissions « nominatives » sont peu
nombreuses, y compris dans leur version masculine. Quelques sportives
renommées ont cependant décroché leur timbre : quelques tenniswomen en
Australie ou en Belgique, des athlètes au Canada, aux Etats-Unis ou en
Grande-Bretagne, mais aucune en France. Voir célébrités nationales
Les
images de sportives anonymes (timbres de type 1) de même que
l’encouragement plus direct du sport féminin (sur les timbres de type 2)
abondent dans tous les pays du monde. Sans doute, ce genre de promotion,
comparée à celle de l’éducation ou de la santé pour les femmes africaines
peut paraître anecdotique. Elle est pourtant assez massive pour être notée
et surtout, elle participe également de la familiarisation des sociétés
avec les représentations de femmes données pour égales des hommes. Ceci
est important. La transformation de la réalité passant largement aussi par
celle des représentations, des conceptions, des Idées.
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Entre hommage et
promotion (voir
aussi le thème lié La cause des
femmes)
La
représentation d’actives, de travailleuses aux prises avec leur labeur
quotidien constitue de facto un hommage appuyée à ces femmes (première
fonction du timbre). Mais un autre niveau de lecture fait apparaître un
message sous-jacent de promotion : il est question de célébrer le rôle des
femmes dans la société et partant de les inviter à y prendre davantage
leur place. Les stratégies visant ainsi la promotion des femmes relèvent
de deux options différentes :
-
soit il s’agira d’une figuration « réaliste » se voulant représentative de
la condition féminine dans tel pays, correspondant à l’ordinaire d’une
majorité de femmes. Hommage aux laborieuses anonymes dans lequel se mire
un discours sur la participation des femmes à l’œuvre nationale et se
greffe la question du développement.

-
soit il s’agira de mettre en avant une « singularité » ou une situation
moins conventionnelle, c’est-à-dire de proposer de véritables exemples, de
montrer des possibles (être femme et policière en Somalie), rendre
familière les représentations de l’égalité des sexes pour les instiller
dans le réel. C’est sur cette tactique de l’exemplarité que fonctionnent
aussi les timbres célébrant des personnalités.
Voir le thème lié
Femmes célèbres |
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Promotion et
développement
Dans
les pays du sud, cette double articulation célébration-promotion est
également celle sur laquelle est embrayée la question plus globale du
développement : la situation des femmes est en effet pensée dans sa
relation obligée avec le développement des pays eux-mêmes : encourager
l’éducation, l’accès à la santé ou une certaine émancipation des femmes
est pressenti comme une étape nécessaire dans le développement humain,
social, économique du peuple tout entier. Cette vision qui fait coïncider
le sort des femmes et celui du pays lui-même est particulièrement sensible
en Afrique où les timbres « promotion de la femme » sont les plus
nombreux. L’avenir des pays africains entre les mains des femmes… : une
évidence objective ou un poncif des discours féministe et/ou
tiers-mondiste ? Les timbres eux semblent largement accréditer l’équation.
Voir le thème lié La cause des
femmes
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